Plan d’Action pour la Résilience Urbaine de la Commune Urbaine de Morondava, Madagascar – février et mars 2016

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Morondava et les aléas naturels

La Commune Urbaine de Morondava est la capitale économique et le carrefour obligé des cinq districts de la région du Menabe, dans le Moyen-Ouest malgache. Le manque d’entretien des infrastructures et la précarité des matériaux employés pour la construction aggravent encore la vulnérabilité de la ville aux aléas climatiques.

Les aléas naturels qui affectent Madagascar sont recensés par le CRED (Centre for Research on Epidemiology of Disasters) et l’OUFDA (Office of US Foreign Disaster Assistance), qui indiquent que l’île est régulièrement impactée par les cyclones, les inondations, la sécheresse, les épidémies et les invasions d’insectes et de nuisibles. Les cyclones sont particulièrement fréquents et leurs impacts dévastateurs. Le cyclone Fanele a par exemple frappé le district de Morondava en janvier 2009, affectant principalement la ville de Morondava et sa périphérie.

L’impact des cyclones et des inondations est aggravé par la déforestation et par l’érosion accélérée du littoral. Les crues des rivières accélèrent le transport d’alluvions et le processus de sédimentation, modifiant ainsi l’équilibre de la plaine deltaïque et augmentant par là même sa vulnérabilité aux inondations et à l’érosion.

Le Programme d’Action National d’Adaptation au Changement Climatique (PANA) mis en œuvre dans la région du Menabe et à Morondava prévoit une série de mesures pour atténuer les effets du changement climatique sur les régions côtières de Madagascar. Les fokontany d’Avaradrova, Sans Fil, Ampasy et Tanambao donnent un aperçu des caractéristiques urbaines et du profil de risques de la commune de Morondava, allant de la difficulté d’acquérir une maison aux normes en « dur », ce qui mène a la multiplication des établissements informels, à la régression de ces quartiers due à l’érosion marine, aux acquisitions accélérées des terrains par les investisseurs dans le tourisme ainsi qu’aux importants besoins en termes d’ infrastructures, service de bases et travail de en sensibilisation auprès des habitants, notamment concernant la collecte et la gestion des déchets, l’éclairage public, la protection des voiries et voies d’accès, et la protection face aux inondations.

Pour rendre la commune résiliente face aux risques de catastrophe et aux impacts négatifs du changement climatique, Morondava a sollicité et mis en place un partenariat avec le Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) ainsi qu’avec le Centre technique pour la gestion des risques de catastrophe, le développement durable et la résilience urbaine (DiMSUR), afin d’élaborer un Plan d’Action pour la Résilience Urbaine (CityRAP) adapté aux besoins de la commune. Le CityRAP de Morondava, le premier à Madagascar, définit un cadre stratégique identifiant des actions prioritaires transversales et intersectorielles ainsi que des activités spécifiques à court, moyen et long termes pour renforcer la résilience de la ville et sa capacité d’adaptation face à la menace du changement climatique. Le but du CityRAP est de servir de document directeur pour les interventions de la commune, des communautés et des autres partenaires impliqués sur le terrain et dans les institutions qui travaillent au niveau local.

L’outil CityRAP

Entre février et mars 2016, le plan a été élaboré grâce à la méthodologie innovante de l’outil CityRAP. Cet outil permet de mettre en œuvre des méthodes participatives qui utilisent et valorisent les connaissances locales. Ainsi, au travers de plusieurs activités et consultations réalisés avec les autorités (régionales, du district, communales, et des fokontany) et le personnel municipal,les communautés, les organisations de la société civile et autres acteurs dont l’implication a été jugée pertinente. Au total, 144 participants ont contribué à l’élaboration et à l’adoption du plan.

Les techniciens municipaux formant l’équipe PARU ont été formés pour pouvoir conduire eux-mêmes les activités, avec le soutien et les conseils stratégiques d’ONU-Habitat et du DiMSUR :

  • Dans un premier temps, l’équipe municipale a réalisé une analyse de ses propres services sous la supervision de l’équipe PARU, dans le but d’identifier et de prioriser les principaux problèmes à résoudre.
  • Dans un deuxième temps, l’équipe PARU a réalisé l’exercice de cartographie participa- tive des risques dans quatre fokontany : Ampasy, Avaradrova, Sans fil et Tanambao.
  • Sur la base des résultats de l’analyse et de la cartographie des risques, une liste d’actions prioritaires pour réduire les risques, renforcer la résilience et améliorer la capacité d’adaptation au changement climatique de la ville a été établie et débattue.
  • Enfin, la ville s’est dotée d’un Plan d’Action pour la Résilience reposant sur quatre actions prioritaires. 
Il a en outre été décidé que le mécanisme de suivi-évaluation du Plan d’Action pour la commune de Morondava sera pris en charge par l’Assemblée municipale.

 

Outil CityRAP
L’outil de planification d’actions pour la résilience urbaine — ou l’outil CityRAP — est un ensemble d’exercices de formation et d’activités qui visent à développer les capacités des gouvernements locaux en Afrique subsaharienne, en particulier des villes de petite ou moyenne taille, pour comprendre et planifier les actions qui permettront de construire progressivement la résilience urbaine et réduire les risques de leurs villes. L’outil CityRAP a été développé et testé par le Programme des Nations Unies pour les Etablissements Humains (ONU-Habitat), en partenariat avec le Centre Technique pour la Réduction des Risques de Catastrophe, la Durabilité et la Résilience Urbaine (DiMSUR).